Lundi 13 octobre 2008
Toi.

Oui, toi.

Qui en as assez de te taper des extraits de concerts sur Youtube, dont la qualité pourrie ne réhausse pas le cadrage hasardeux, dans lesquels il n'est pas rare de se voir cacher la vue pendant trente secondes par un coude intempestif, toi qui n'a pas ni le temps ni l'argent d'aller en concert pour de vrai...

Toi qui préfère ton écran et tes chips, et qui aimes pourtant le rock indé.

Tu seras peut-être content de découvrir l'existence de Fabchannel.


Un joli site - c'est bien, ça -, ergonomique, qui regroupe des prestations live diverses et variées, regroupant les artistes par genre (rock, songwriters, pop-rock), en majorité lors de leur passage au Paradisio, à Amsterdam.

Ca donne, en vrac : Kate Nash, Arcade Fire, MGMT, Guillemots, Fratellis, Andrew Bird, Damien Rice, Sons & Daughters, Bloc Party, The View, The Rakes Stereophonics, et plein d'autres.

Des concerts à mater comme un DVD, avec choix des chansons, haute définition, et poils au bidon.

La classe.
Par Lord Dey - Publié dans : Infos diverses - Communauté : Musiques
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Vendredi 10 octobre 2008
Les fans de Marshall Mathers ont souvent pointé la méthode d'écriture du rappeur de Detroit, et l'utilisation massive qu'il fait des allitérations et des répétitions dans ses rimes. Les proches d'Eminem racontent qu'au début de l'écriture d'un morceau il note énormément de termes, de notions, de sons en rapport avec le sujet qu'il traite, en vrac sur une feuille ; il trouve ensuite les correspondances.

L'autre jour, en tendant l'oreille sur le début de la chanson "Lose Yourself", tirée d'8 Mile, ce travail m'a pour ainsi dire frappé. Mieux encore, Eminem m'a semblé retrouver les intonations d'un vieux briscard de la chanson américaine, que j'ai déjà évoqué longuement sur ce blog : Bob Dylan.

Dylan, au début d'un concert en 1963, annonce au public qu'il a sur lui un texte qu'il a écrit, qui lui tient à coeur, et qui n'est même pas une chanson, plutôt un hommage. Il toussote un peu, sort un papier de sa poche, et après avoir expliqué qu'il aimerait "le dire à voix haute", en commence la lecture. Cette poésie, dédiée à Woody Guthrie, il va alors la lire nonchalamment, porté toutefois par le rythme intrinsèque de son texte.

Je crois, pour ma part, contredisant ceux qui assurent que Deborah Harry (Blondie) a inventé le rap dans les années 80, que Dylan l'a bien inventé a ce moment-là, vingt ans plus tôt.

La comparaison entre "Lose Yourself" et "Last thoughts..." peut sembler saugrenue. Les thèmes sont pourtant assez similaires, même si leur traitement est différent. Les deux morceaux traitent de la difficulté de trouver sa place en tant qu'artiste, de résister aux vents contraires, et d'ignorer la médiocrité environnante - bc'est déjà un pont commun. Il y en a d'autres, allons-y donc.

Dylan commence son intervention ainsi :

"When your head gets twisted and your mind grows numb
When you think you're too old, too young, too smart or too dumb"


Eminem, qui raconte les instants précédant une battle de Détroit, trouve des intonations similaires :

"His palms are sweaty, knees weak, arms are heavy
There's vomit on his sweater already, mom's spaghetti"


Où la remise en question et le malaise physique sont pregnants. Chez Dylan, la tourmente est mentale, chez Eminem elle se traduit immédiatement par des symptômes physiques incontrôlables.

De manière purement formelle ensuite, la rythmique se ressemble :

"It only grows harder, only grows hotter
He blows us all over these hoes is all on him"


Ce à quoi Dylan répond ceci :

"In the tune I'm hummin', in the words I'm writin'
In the words that I'm thinkin'"

Même utilisation géniale des consonnances. Par ailleurs, ce jeu avec les mots est facilité par la langue anglaise, et encore davantage par l'accent américain qui coule naturellement, j'y reviendrai dans un autre post (ou j'expliquerai, sans avoir rien inventé, que le français se prête mal à ce genre de rythmique, malgré toute la bonne volonté de certains groupes de rock qui chantent en français.)

Il y a enfin dans les différentes thématiques abordées, des points communs qui ressortent.
D'abord, l'affirmation d'un emplacement que l'on doit tenir envers et contre tout.

Eminem :
"The soul's escaping, through this hole that it's gaping
This world is mine for the taking
Make me king"


Dylan :
"You need something to make it known
That it's you and no one else that owns
That spot that yer standing, that space that you're sitting
That the world ain't got you beat"

Où Eminem se veut roi du monde, son âme creusant un trou pour s'en sortir, Dylan fait savoir qu'il restera où il est, sur ce "spot" où il se tient, dans cet espace où il est assis, et que le monde ne gagnera pas contre lui. Surtout, il y a toujours cette détermination, connotée hip-hop aujourd'hui, qui se traduit ainsi chez Dylan :

"It can't get you crazy no matter how many
Times you might get kicked"

Et ainsi chez Eminem :

"I been chewed up and spit out and booed off stage
But I kept rhyming and stepwritin the next cypher"

Deux époques totalement différentes, deux Amériques qui ne se ressemblent pas (la banlieue délabrée de Detroit, Michigan pour l'un, la province de Duluth, Minnesota pour l'autre). L'un imitait ses pères folkeux dans une Amérique encore ultra-conservatrice, l'autre a grandi dans une caravane avec sa mère dans les années 90, perdu entre des jobs déprimants et des soirées hip-hop où il a dû se faire une place. Au final, deux morceaux qui se ressemblent pour deux raisons :

L'un et l'autre, Eminem et Dylan, sont des paroliers hors-pair, dont l'écriture cogne et craque de façon géniale. Ensuite, les deux chansons ont été écrites au même âge, à peu de chose près, à l'heure où le jeune artiste affirme sa présence, et fait savoir bruyamment au monde qu'il est dans la place.

Par Lord Dey - Publié dans : Enquêtes - Communauté : Musiques
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Lundi 22 septembre 2008
Il est temps d'en parler : le phénomène a pris de l'ampleur. My Major Company, qui se trouve là, est une maison de disques tout ce qu'il y a de classique, à cette différence près que ce sont les internautes qui produisent les artistes. A savoir, qui choisissent les gens qu'ils aiment, et misent dessus, comme sur des chevaux.

Je peux, par exemple, mettre 100 euros sur Agonie, jeune rappeuse-rageuse, pour augmenter ses chances d'être produite. Lorsqu'elle atteindra la somme de 70 000 euros, My Major Company l'invite dans ses studios et elle peut enregistrer son disque, qui sera ensuite diffusé sur les plates-formes de téléchargement classiques, ainsi qu'à la Fnac, grosso modo.

Or donc, ma petite protégée touchera ensuite 20% des recettes générées par les ventes physiques et numériques de son album, tandis que la masse des producteurs se répartit 30 % de la recette, au prorata de la somme mise en jeu par chacun. Kapich ?

En gros, si Agonie, contre toute attente, vend un bon gros million de galettes, et que j'ai mis 2000 euros sur son numéro, je peux me faire... Attends je sors ma calculette et mon produit en croix. A 10€ l'album, dix millions de recettes, hop hop, .... Pouah, 95238 euros, mazette !

C'est mieux que la bourse, pas de doute.

Deux petites choses, cependant :

1 - Comme à la bourse, il y a moyen de se planter. Si les artistes produits (une demi-douzaine à ce jour) se vautrent et ne passent pas la barre des mille albums, ou que j'ai misé sur le mauvais, je peux dire adieu à ce petit week-end Ibiza-LSD-Cathy Guetta que je me suis prévu la semaine prochaine.

2 - A être producteur de major, autant l'être jusqu'au bout : musicalement, il ne faut pas faire la fine bouche. Il faut compter sur l'effet de masse, sur les mélodies mielleuses et les chanteurs fadasses : comme dans la vraie vie (hors Internet, j'entends), c'est ça qui marchera. Ne pas s'attendre à trouver des groupes de rock indé ou du jazz manouche, ou des trompettes des balkans, ou de la country redneck, tout ça sent un peu trop mauvais. Voilà plus précisément ce qui s'y passe :


Et là, verdict ?

Ooooh que c'est vilain ! Oh la vilaine soupe de supermarché ! My Major Company, comme prévu, fait de la Major, avec un grand M. Du Christophe Sherifa Lunisé, de la sous-diam's avec une afro à la Corneille, pouah.

Parce que, - et là on en revient aux fondamentaux old-shool- après sept années à s'empiffrer de star academy et encore plus longtemps à se taper la musique de grosses majors, en petit nombre et qui se congratulent en se tapant sur le ventre, qu'elles ont garni de billets, les gens ont perdu leur flair.

Si tu les laisse choisir, ils choisissent de la daube, et se vident le compte avec le sourire. Dommage, car le concept était prometteur. Prions que tout cela évolue vers des choses plus audibles.
Par Lord Dey - Publié dans : Infos diverses - Communauté : Musiques
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Mercredi 3 septembre 2008
Par Lord Dey - Publié dans : Infos diverses - Communauté : Musiques
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Samedi 9 août 2008
Mais ça va pas, non ?

Par Lord Dey - Publié dans : Infos diverses - Communauté : Musiques
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