Pete Doherty est en taule. A force de poser des lapins. Imaginez : la justice anglaise, sympa, lui demande uniquement de prendre un café avec
elle une fois par semaine, le temps de vérifier qu'il est clean, et qu'il suit son traitement. Eh ben le mec (qui, rappelons-le, sue le rock&roll par toutes les pores) n'y va pas. Doherty
n'est pas le genre de type à se pointer à un rencard à l'heure, il trouve que ça fait mauvais genre. Et on parle tout de même du gars qui s'est trimballé pendant des mois avec Kate Moss sous le
bras, en lui disant des mots d'amour ("Ma chérie, tu as du talc sur les sourcils"), ce qui n'est pas rien. Mais à Londres, les justiciers ne plaisantent pas, et le bon Pete va devoir passer
quatorze semaines derrière les barreaux. Quatorze ! Attendez un peu...
Les fans parisiens en colère : "Oui, alors quatorze semaines, non, vous comprenez, le mec devait passer au Grand Rex dans deux
semaines, ça fait des années qu'on attend ça, ..."
"Oui, oui, sûrement", dit la justice des britons en grimaçant un sourire gêné, "sauf que ça fait des années qu'on rêve de l'envoyer
en taule, comprenez-nous, il a toujours de l'héroïne planquée dans sa guitare, on va finir par passer pour des baltringues..."
Pas de débat, bien sûr. Et pas de concert au Grand Rex. On va relativiser en écoutant ceux qui assurent que ouais, tu sais,
l'acoustique au Grand Rex c'est la pire de Paris, un son dégueu, une ambiance de merde... On va, en tout cas, essayer de les croire. Et attendre la prochaine fois.
Un jour, il faudra se rendre à l'évidence, Doherty, c'est un mec binaire : vivant, il est drogué tout le temps ("Je sais, mon bol
de coke est vide, mais j'ai pas touché à ma pipe à crack. Je le jure"), et il ne sera clean qu'à sa mort. On, et Off. Il est donc impératif de le voir le plus vite possible, drogué, en concert à
Paris.