Gigs

Mardi 14 novembre 2006
Drôle de coïncidence, la naissance de ce blog intervient le lendemain du concert de Babyshambles à Montmartre. Coïncidence ? J'appellerai plutôt ça un coup du sort...Critiquons, donc.

La première partie du concert est assurée par Larrikin Love, groupe anglais pour le moins intéressant, et totalement inconnu en France. Les mecs assurent vraiment, le son est excellent et les excentricités du leader sont un plaisir pour les yeux et les oreilles. La section rythmique est solide, mais c'est surtout le guitariste posté à la droite de la scène qui impressionne, par des solos inspirés et maîtrisés, en parfaite cohésion avec le reste du groupe. Vers 20h45 les quatre remercient le public et quittent la scène ; ils peuvent se vanter d'avoir bien préparé les gens à l'expérience qui l'attend ensuite...

Doherty, donc. Il débarque d'un pas assuré sur scène, polo fred perry marron déchiré à l'épaule, jean déchiré au genou. Du classique. Il a l'air en forme, pas trop défoncé, ou pas du tout même, on ne sait plus. Pete a laissé au placard son collier à tête de mort, son chapelet, mais il a toujours le même galurin vissé sur le crâne. Pendant le concert il jouera avec ce chapeau, l'enlèvera et le remettra, comme à son habitude.

A l'entrée du groupe, l'Elysée Montmartre entre dans une frénésie hallucinante, les premiers rangs hurlent à la lune. On est forcément parcouru d'un frisson en posant les yeux sur Doherty. On se dit qu'avec lui chaque fois est peut-être la dernière, et qu'être là à ce moment précis n'a pas de prix... Pat Walden est aux abonnés absents, pour une raison inconnue, et il est remplacé pour l'occasion par un type qui va finalement très bien s'en sortir. A noter que c'était ce soir l'anniversaire de Drew Connell, le bassiste, qui aura droit à un "Happy Birthday to you" de la part de Pete et sa guitare, et qui remerciera timidement le public pour la petite attention.

Le set commence par un "Killamangiro" des grands jours, le son est tout simplement énorme, sans comparaison avec la timide version de l'album. Pete est très en forme, va d'un côté à l'autre de la scène. Il est chez lui. Le groupe joue deux ou trois inédits, qui sont sûrement au programme du nouvel album, prévu prochainement. Les chansons sont parfaitement interprétées, c'est un bonheur d'entendre la voix claire de Pete se poser sur les lignes de basse, aller chercher des aigus au hasard ; Les objets pleuvent sur la scène, en vrac, deux ou trois drapeaux britanniques, à peu près autant de cds, des cigarettes à la pelle et des découpages de magazines. Les groupies sont présentes, et veulent le faire savoir. Pete Doherty n'est pas radin avec la foule, on le savait déjà, et il s'amuse à piquer du feu, échanger un verre, ou signer des morceaux de papier et des tee-shirts.

Depuis quelque temps on semblait avoir oublié l'histoire, l'Histoire, celle des Libertines, jusqu'à ce qu'au milieu du concert Pete Doherty envoie un "Time For Heroes" d'anthologie : Les rangs de devant décollent littéralement, tout le monde devient fou ; et triste, au moment où le guitariste lance le solo de milieu de chanson, qui nous rappelle que Carlos Barât et son talent sont loin, définitivement.

Après le premier rappel, les groupe continue d'envoyer les chansons de l'album, jusqu'à "La Belle et la Bête". Et là, putain, Kate Moss débarque en manteau de fourrure, se pose devant un micro et lance son "Is she more beautiful, is she more beautiful than me?" Hystérie collective. Tout le monde gueule, personne ne s'attendait vraiment à un truc pareil, et on voit Pete, deux mètres à sa droite, qui la regarde ; on se rappelle alors pourquoi on hait à ce point les tabloïds qui leur plombent l'existence depuis un an et demi. Déesse sûre d'elle, qui balaie la foule d'un regard, Katie fait deux apparitions et disparaît dans les coulisses.

A la fin du concert, dernière reprise, et nouveau clin d'oeil : "What Katie Did", attendu et indispensable, le public chante "Choup, choup, choup, delang, delang", et Pete s'amuse.

De tout ça il faudra retenir un spectacle parfait musicalement, des nouvelles chansons difficiles à évaluer en une écoute mais qui laissent augurer du meilleur, et un groupe qui peut enfin prouver sur scène qu'il n'est pas que le projet bancal d'un ex-libertine en manque de célébrité. Et on gardera l'image de Pete, en sueur, qui porte sur ses épaules le drapeau britannique, danse sur la mélodie de "Fuck Forever" et cherche son paquet de clopes qu'il a laissé tomber quelque part sur la scène. Il est parfait, énorme de classe et bien présent devant son public, qui n'est pas prêt de le laisser tomber. Long live Babyshambles, and their worshipped leader.
Par Lord Dey
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Vendredi 8 décembre 2006
Brièvement, bilan de cette soirée à la Flèche d'Or. L'affiche me laissait perplexe, mais j'ai été agréablement surpris. Los Chicros, d'abord, est un groupe français, vainqueur du CQFD 2004 et qui sort son premier opus en février prochain. Sur scène le son est bon, les musiciens sont justes, et les mélodies sont bien trouvées. On pense souvent à Grandaddy, à vrai dire tout y est : la grande barbe du guitariste-chanteur, les synthés, les secondes voix...mais le groupe sait devenir plus énergique et la fin du concert en est un exemple. Même si l'ambiance dans la salle est très raisonnable (doux euphémisme), le groupe se donne à fond et réussit à convaincre.

Viennent ensuite "The New Government", groupe libanais, de Beirouth exactement, et actuellement en tournée entre la Suisse et la France. A vrai dire, je n'avais jamais entendu de rock libanais, et je ne m'attendais à rien de particulier. Et pour le coup, la surprise est énorme. Une section rythmique impressionnante, des mélodies à tomber, on a l'impression d'entendre tout un pan du rock anglais, même le plus punk, parsemé de mélodies et de rythmiques orientales. Un chanteur-pianiste-tambourine man dont la voix est simplement magnifique, et qui semble orchestrer le tout avec une grande facilité. L'intensité est maintenue tout le long du concert, les morceaux accrochent d'un bout à l'autre, et on en redemande. A écouter particulièrement, leur tube "Mozambic", concentré de ce qu'il y  a mieux dans ce groupe. L'album est sorti récemment chez Mooz Records.





















http://www.myspace.com/loschicros
http://www.myspace.com/thenewgovernment

Par Lord Dey
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Dimanche 21 janvier 2007
Hushpuppies, aka les "chiots du silence"... c'est en tout cas la traduction donnée par l'outil linguistique de Google. Drôle de nom pour un groupe qui a prouvé à l'Elysée Montmartre qu'il fallait compter sur lui pour faire du bruit, et pas qu'un peu. On peut même considérer que c'était franchement bourrin par moments. Mais c'était bon.

Tout d'abord, vers 19h45 débarque le "guest" de la soirée, les Gogo Charlton, finalistes du CQFD 2006, groupe un peu bizarroïde où chacun semble semble débarquer d'une planète différente. A priori c'est plutôt positif, ça varie les plaisirs, sauf qu'on a eu la drôle d'impression d'assister à un tribute aux inspirations du groupe, voix y compris : en première chanson, on a donc eu droit à un morceau des Smiths, avec la voix de Morrissey évidemment... Quelques chansons plus tard c'est Brian Molko qui a débarqué, par le biais du guitariste, dont la dégaine est entre Smith, Sirkis et Molko... Amusant, et ambitieux, de s'inspirer des Smiths et de Placebo dans le même set, les deux musiques se ressemblant à peu près autant qu' André Rieu et les gros moches de Lordi...
Alors sinon c'était bien, les musiciens sont bons mais bizarrement la mayonnaise ne prend pas, allez savoir pourquoi...

Hushpuppies enfin, qui débutent sur une chanson très calme, a cappella entre le chanteur et le guitariste, excellent. On aime voir un peu d'audace dans les ouvertures de set, qui se résument généralement à dire "salut à tous" et à se jeter sur sa guitare sans autre forme de procès. Bien, donc, mais trompeur, car le reste du concert sera un concentré d'énergie brute balancée à la gueule du public,de grosses lignes de basse qui chatouillent les tripes et de nettoyage au larsen...

Car Hushpuppies, c'était pour moi un groupe de rock français sympa, des singles accrocheurs, des paroles en anglais écrites par ma petite soeur ( You're gonna say Yeah, you're gonna say...), mais pas un truc capable de botter le cul de l'Elysée, de sortir autant d'énergie et d'habiter autant l'espace. L'écoute - rapide, il est vrai - de leur album ne m'avait pas laissé deviner la dimension des Hush sur scène. Un bassiste à moitié fou qui tire la langue et roule des yeux de dément, un batteur puissant, et capable de gémir comme une folle, au final un groupe qui a vraiment l'air heureux d'être ensemble et qui se marre jusqu'au bout...

Musicalement l'ensemble est varié, entre balades mélodiques à synthé et gros morceaux avec grosse batterie. Il est frappant de constater à quel point leur musique est mûre, je veux dire travaillée et réfléchie mais gardant une certaine fraîcheur dans l'interprétation. Tout cela est convaincant, même si parfois on regrette le côté un peu pompier,  comme on dirait dans rock&folk, débauche d'instruments sur des gros riffs métalliques, mais ça reste marginal...

Très bon concert donc, qui laisse augurer du meilleur pour ce groupe. Les Hushpuppies sont en dehors du barnum de la scène parisienne, mais on pourra sûrement compter sur eux pour participer au redressement d'un rock français qui, s'il a jamais existé, commence à traîner sérieusement la patte...
Par Lord Dey
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Mercredi 21 février 2007
Première fois que je vois les Naast en concert. Enfin, en concert si on peut dire, puisque le Virgin des Champs n'est pas vraiment l'endroit idéal pour écouter du rock, mais passons. Donc les Naast, en vrai, comme sur les photos de Rock&Folk ; ils ont la classe, rien à dire la-dessus, les fringues sont nickel, l'attitude est rock, les chansons s'enchaînent à toute allure : bon point. Par contre le son est vraiment dégueulasse : deux fois deux amplis, de la taille de celui que j'ai dans ma chambre, qu'on s'attend à voir crachoter et rendre l'âme. Virgin pourrait mettre un peu de sa thune dans une sono digne de ce nom, il faudra leur dire à l'occasion. Un des orgues de Clod se débranche à intervalles réguliers, et un technicien galère à le réparer ; Gustave finit par clore le problème d'un geste énervé, laissez le comme ça on s'en tape...

Gustave est rock, d'ailleurs. Vraiment. Difficile d'allumer un public dans des conditions pareilles, mais il s'en tire plus que bien. Il saute partout, fait mine de s'avancer dans le public, revient sur ses pas, finit chaque chanson sur un petit signe aux premiers rangs, avant de se lancer dans la prochaine. Inconscient, tranquille, perché, il chantonne dans le micro pendant les pauses, remet ses cheveux en place toutes les cinq secondes. Il se mate, se kiffe, on le sait, mais cette posture-là est peut-être la plus classe de toutes. A côté, Laka assure ses solos, ses secondes voix ; silhouette toute en longueur, look sixties de rigueur, un sans faute. Idem pour Nicolas et Clod, le premier derrière ses fûts à asséner le même rythme binaire du début à la fin, sans trembler, et le deuxième allongé sur son orgue, les doigts crispés sur l'engin et les pieds tremblants, branchés sur le secteur.

Une dizaine de chansons en tout : une entrée sur "Coeur de Glace", un final sur "Je Te Cherche". Entre, tout ce qu'il faut, mais sans l'hymne "Va et vient". Dommage. Le set finit sur les slams de Gustave : au bout de deux il est sommé par la sécurité d'arrêter ses conneries ; au quatrième il se fait carrément attraper par les deux bras et sortir de la scène. Ouf. Il arrivera à remercier le public par des grands gestes, avant de disparaître.

Bilan : le son crado n'a pas sapé l'enthousiasme des Naast, qui sont plus convaincants sur scène que sur album. Très court, condensé, et puissant. Les Klaxons étaient au même endroit il y a quelques semaines, et le Virgin n'avait pas sauté autant. Bon signe.
Par Lord Dey
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Dimanche 25 mars 2007
Les canadiens d'Arcade Fire ont annoncé l'annulation de neuf concerts de leur tournée européenne. Explication : Win se bat contre une infection des sinus (miam) depuis le début de l'année, et il a progressivement perdu sa voix. Ceux d'entre nous qui les ont vus à l'Olympia ont eu chaud, puisque le concert à Lille le 5 avril est annulé.

Cela m'amène à évoquer la prestation du groupe à l'Olympia : en un mot, gigantesque. Une claque, une vraie. Entrée par le fond de la salle, la formation lance  "Wake up" au milieu de la fosse, Win chante dans un mégaphone, et tout le monde hallucine. On entendra plus tard qu'ils avaient déjà fait ce type d'entrée en Angleterre, mais quand même la surprise est de taille. Ensuite le rythme est soutenu, presque tout le dernier album y passe, les deux ou trois chansons de Funeral rendent l'audience complètement folle. En nage, on  passe deux heures à sauter sans arrêt, à admirer ce groupe d'extraterrestres balancer ce son énorme et qui n'appartient qu'à eux. Guitares, claviers, violoncelle, vielle, violons, mégaphones, tambourins, batterie et percus, pour faire un bordel de tous les diables. Une pause et un rappel plus tard, ovation démesurée du public, qui continue de chanter et refuse de s'en aller. Quinze, vingt minutes plus tard on est toujours là, à espérer un improbable retour. Les techniciens hallucinent, commencent à ranger le matos, mais rien n'y fait. Finalement, Win, Régine et les autres reviennent sur scène en survêt, l'air de ne pas y croire, et finissent sur "In the backseat", de toute beauté.

Les echos du concert le lendemain sont un peu mitigés : malaise d'un des musiciens, pas d'entrée par la fosse, et visiblement beaucoup de fatigue. Canal+ avait choisi le deuxième soir pour filmer : erreur stratégique.

A noter que le premier concert a été filmé pour les concerts à emporter (http://www.blogotheque.net/concertaemporter/).
Par Lord Dey
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