Jarvis en Podcast... Amusant, cette idée, et plutôt réjouissante :
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... trucs à écouter en ce début d'année 2008. Le nouvel album de British Sea Power, "Do You Like Rock Music", est énorme. Arrêtez-vous entre autres sur le
morceau d'ouverture, "All In It", et sur "No Lucifer" : il y a du génie là-dedans. Il y a un souffle. Il se murmure qu'Arcade Fire n'est pas très loin, c'est sûrement vrai, mais il y a plus que ça,
nous sommes bel et bien en Angleterre. Hop, d'un groupe à un autre, une drôle de sensation : The Whip, quatuor électro branché, déjà multi-remixé, qui sortira son single "Sister
Siam" très prochainement. Autre album, trouvé par hasard et qui date d'Avril 2007 : Dog Day (photo), groupe canadien pas comme les autres, sans trompette et sans vielle, aux
mélodies démentes. Une chanson ? "Know Who You Are". Le nom de l'album ? "Night Group". La classe.
Hier soir avait lieu l'écoute du nouvel album de Francis Cabrel, intitulé "Des roses et des orties", qui sortira dans les bacs le 31 mars prochain.
S'il est difficile et hasardeux de chroniquer un album après une seule écoute, quelques conclusions s'imposent déjà. Premièrement, cet album ne marque pas un tournant dans la carrière de
l'excellent chanteur (c'est mon avis) qu'est Francis Cabrel. On y entend beaucoup de guitares, toujours beaucoup de poésie, des octosyllabes à rimes riches - oui ! Francis Cabrel est un
poète comme il y en a peu-, des reprises de blues (J.J. Cale) et un hommage à LA référence de l'artiste, Bob Dylan, monument que l'on sait, dont Francis reprend
la chanson "She belongs to me".
Prenons cette chanson particulière. "She Belongs to me" devient "Elle m'appartient (c'est une artiste)". Cabrel traduit avec talent les paroles du grand Robert, et en fait
quelque chose qui se tient. Et l'évidence saute aux yeux : au niveau du texte, c'est le seul morceau vraiment novateur de l'album. Et pour cause... c'est du Dylan. Il faut se rappeler que Francis
Cabrel voue un véritable culte au barde de Duluth, et ce depuis les années 60, pendant lesquelles le jeune Agenais (d'Astaffort, plus exactement) commençait à gratter des accords avec son groupe,
Les Gaulois (à cause des moustaches).
Force est d'admettre que peu de gens, aujourd'hui, font la comparaison entre le fan et l'idole. A coups de "Je l'aime à mourir", "Je pense encore à toi", ou autres rengaines de
midinettes (souvent magnifiques, au demeurant), Cabrel est devenu le chanteur français typique, sympathique, qui fleure bon la campagne et l'austérité : il est devenu transparent. Loin de Dylan,
son ambivalence, ses revers, son instabilité permanente, et son magnétisme. Où trouver Dylan dans Cabrel ? Dans certaines séquences mélodiques, bien sûr. Dans une forme
de simplicité dans les accords. Dans des choses purement musicales. Mais pour le reste, pour l'âme ou la posture, rideau.
Cabrel fait vibrer les quinquas en mal d'authenticité et de confiance en eux, ceux qui ont souffert du monde et aiment qu'on leur confirme, justement, que le monde est sacrément dur. Cabrel a
toujours raison dans ces chansons, mais il ne résiste pas à la tentation d'enfoncer des portes ouvertes. De garder cette naïveté dans la poésie, ce regard d'un enfant, qui dirait :
"Maman, pourquoi les hommes se battent ?" "Pourquoi on ne traite pas bien les étrangers, maman, ils sont pareils que nous, non ?" Cabrel dit ce que l'on sait déjà. L'injustice,
les riches qui n'aident pas les pauvres, la vie qui est dure pour ceux qui dorment dehors. Le dénoncer est crucial, mais la façon est naïve, et limite la portée du discours. Cabrel est, à côté de
ça, un parolier hors-pair et un mélodiste très capable. Mais il est, pour ma génération, le plus ennuyeux des chanteurs. Et c'est bien dommage.
Retour sur l'album. De bonnes chansons ("Les cardinaux en costume", "Mademoiselle l'Aventure"), des reprises assez réussies ("Né dans le Bayou", de J.J.
Cale, et la reprise de Dylan), et une production toujours nickel, très léchée, qui laisse suffisamment de place à chaque instrument. Manque l'essentiel : rien qui ne
bouge l'auditeur. Rien qui marque durablement. J'avais cette impression, en écoutant l'album, que Cabrel était juste en train de faire son job. Qu'il maîtrise, sans stress et en se faisant
plaisir, à son petit rythme. Qui n'est peut-être plus le mien, tout simplement.
Deux petites secondes, pour signaler que l'album de Neon Neon, "Stainless Style", est en écoute intégrale sur leur myspace, dont je
vous donne l'adresse un peu plus bas. Et, comme dire ? C'est une tuerie. Aaah, de la pop synthétiseur, un mélange des Pet Shop Boys et du son de la vague techno du milieu des
années 90 (souvenez-vous de tous ces mauvais trucs, Haddaway, Culture Beat, etc). Au final, cet album est un vrai bonheur. De grande classe. Une chanson parmi
d'autres : "I Told Her on Alderaan", tout simplement superbe.