Reviews

Lundi 20 novembre 2006

Jarvis en Podcast... Amusant, cette idée, et plutôt réjouissante :
Jarvis Cocker a lancé un Podcast dans lequel il lit des histoires. La dernière en date est un conte d'Andersen, et la lecture dure 25 minutes. Pas de la musique, mais un initiative amusante. Suivez aussi les nouvelles qu'il poste régulièrement sur son blog My Space.

podcast : http://www.asp-cgi.net/jarvis/jarv.rss
blog : blogs.myspace.com/jarvis

Par Lord Dey
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Mardi 28 novembre 2006
J'ai découvert Bob Dylan la semaine dernière.

J'ai regardé No Direction Home de Scorcese, documentaire absolument magique sur le Dylan de la première partie des sixties. Me voilà donc, à 21 ans, découvrant Dylan alors que je prétends écouter du rock et en connaître un paquet. Quel con, je n'avais rien entendu.

Ma dernière semaine a été consacrée à tout lire sur lui. Je voulais entendre tous ses mots, savoir ses moindres réactions et entendre tous les concerts du début de sa carrière. J'ai vécu trop longtemps sans connaître Dylan, et j'entends bien réparer cet oubli.

Je ne peux exprimer clairement quels ont été mes sentiments ces trois derniers jours. Je n'allais pas bien, après avoir vu le film de Scorcese, et je dois pouvoir en trouver la raison. Le film commence alors que Dylan a 20 ans, enfui de Duluth, Minnesota pour rejoindre New York et Greenwich Village. D'ado banal il devient idole de sa génération, et écrit quelques unes des chansons les plus célèbres au monde. Dylan est alors tout ce que je voudrais être aujourd'hui. Il chante et les gens l'aiment pour ça, il emmerde les poseurs de questions parce qu'il n'a pas de réponse à leur donner. Il est libre, simplement, de faire ce que bon lui semble. Musicalement, c'est un génie. Sa voix est unique, hasardeuse, et son attitude est parfaite. Alors, au fond de mon canapé, je regarde le mythe, je fume des cigarettes et je m'endors en me disant qu'après tout ça n'arrive pas à tout le monde. Mais justement, je dors mal.
Joan Baez-photo
Car il y a Joan Baez. Je suis tombé amoureux d'elle au premier regard. Joan Baez, comme elle le dit elle-même, était une fille sérieuse, qui se méfiait du rock'n'roll, de la drogue et des accès de folie. Mais elle était étonnament belle, se déplaçait sur scène avec une grâce christique, rien de moins. Son engagement humanitaire était notoire, ainsi que sa volonté d'agir politiquement. Puisque le ridicule ne tue pas, je crois que je souffre de sa séparation d'avec Dylan. C'est juste trop triste. C'était il y a 40 ans, et j'ai mal maintenant. Ils sont beaucoup trop beaux, et c'est un tel plaisir de les voir sur scène ensemble, que jamais ça n'aurait dû s'arrêter.

Ils sont vieux maintenant. Tous les deux. Penser à Jim Morrisson n'est pas une douleur, puisque le mythe est vraiment parti, mais Joan Baez et Bob Dylan sont encore en vie, et nous rappellent que les années passent. Juste par leur présence, ils nous murmurent que nous y passerons, ce n'est qu'une question d'heures, de jours, ou d'années, peu importe. Alors je suis là, devant mon film, j'aime leur jeunesse sur les pellicules anciennes, j'aime savoir que tout cela a vraiment eu lieu, et je frissonne de penser que tout est bien fini. Comme tout le sera bientôt, pour le monde et pour moi-même.

Il reste alors à écouter ce qu'il reste de Bob Dylan. A se persuader que c'est éternel, à sentir ces mélodies magiques nous couler dans les veines, et à s'estimer heureux de n'avoir pas raté ça.

Il reste aussi à prier pour que chaque jour quelqu'un découvre Dylan comme je l'ai fait cette semaine. Sans doute ne ressentira-t-il rien de ce que j'exprime maintenant, sans doute trouvera-t-il juste la musique sympa. Et ce sera déjà bien.

En ce qui me concerne, je crois que je n'allais déjà pas bien avant de voir le film. Mais je n'avais pas de raison à donner. A défaut de savoir ce qui ne va pas, je considère donc que Joan Baez est ma dernière histoire d'amour, et la raison de mes états d'ame. L'explication est peu crédible, mais me convient pour l'instant. Et la musique me rend service, encore une fois.

Chansons à  écouter:

Like A Rolling Stone
I Want You
Chimes of Freedom
Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again
Par Lord Dey
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Mardi 15 janvier 2008
Dog Day, auteur de l'album "Night Group" en 2007 ... trucs à écouter en ce début d'année 2008. Le nouvel album de British Sea Power, "Do You Like Rock Music", est énorme. Arrêtez-vous entre autres sur le morceau d'ouverture, "All In It", et sur "No Lucifer" : il y a du génie là-dedans. Il y a un souffle. Il se murmure qu'Arcade Fire n'est pas très loin, c'est sûrement vrai, mais il y a plus que ça, nous sommes bel et bien en Angleterre. Hop, d'un groupe à un autre, une drôle de sensation : The Whip, quatuor électro branché, déjà multi-remixé, qui sortira son single "Sister Siam" très prochainement. Autre album, trouvé par hasard et qui date d'Avril 2007 : Dog Day (photo), groupe canadien pas comme les autres, sans trompette et sans vielle, aux mélodies démentes. Une chanson ? "Know Who You Are". Le nom de l'album ? "Night Group". La classe.

Pete Doherty, le bon Pete, l'Old chap, a enregistré le plus gros d'un album solo qui devrait également paraître en 2008. Il assure que cette initiative, qui n'est pas la première ("Freewheelin' Pete Doherty", "Acousticalullaby"), ne remet pas en cause l'existence de Babyshambles.C'est en tout cas la première fois que sortira dans le commerce un album de, et chanté par Peter Doherty Jr. Voilà qui promet.

Pendant ce temps,  Mike Skinner dit adieu à son label "The Beats", demeure des Mitchell Brothers et d'Example. Skinner se justifie par le fait que l'industrie musicale a besoin d'un vrai et bon coup de pied au cul, et que ce n'est pas en créant de nouveaux labels qu'on changera la donne. Ca se passera donc sur...Internet, et oui, pauvre de pauvre, ça tombe sous le sens.

Explication sur le Myspace du label : "As you may have read elsewhere The Beats is dead. We had a great time, but times have changed and the old idea of an independent record label is no longer relevant or realistic in this age. Thanks to everyone who supported us. We hope all our artists go on to achieve everything we believe them to be capable of. Beat Stevie will continue as everyone seems to like it. There should be a new one up now and more details on the Beats memorial service should be up there next week. If you want to check the continuing adventures of the gang you need to go to any of these places."

Bien à vous.
 
Par Lord Dey
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Vendredi 14 mars 2008

undefined Hier soir avait lieu l'écoute du nouvel album de Francis Cabrel, intitulé "Des roses et des orties", qui sortira dans les bacs le 31 mars prochain. S'il est difficile et hasardeux de chroniquer un album après une seule écoute, quelques conclusions s'imposent déjà. Premièrement, cet album ne marque pas un tournant dans la carrière de l'excellent chanteur (c'est mon avis) qu'est Francis Cabrel. On y entend beaucoup de guitares, toujours beaucoup de poésie, des octosyllabes à rimes riches - oui ! Francis Cabrel est un poète comme il y en a peu-, des reprises de blues (J.J. Cale) et un hommage à LA référence de l'artiste, Bob Dylan, monument que l'on sait, dont Francis reprend la chanson "She belongs to me".

Prenons cette chanson particulière. "She Belongs to me" devient "Elle m'appartient (c'est une artiste)". Cabrel traduit avec talent les paroles du grand Robert, et en fait quelque chose qui se tient. Et l'évidence saute aux yeux : au niveau du texte, c'est le seul morceau vraiment novateur de l'album. Et pour cause... c'est du Dylan. Il faut se rappeler que Francis Cabrel voue un véritable culte au barde de Duluth, et ce depuis les années 60, pendant lesquelles le jeune Agenais (d'Astaffort, plus exactement) commençait à gratter des accords avec son groupe, Les Gaulois (à cause des moustaches). 

Force est d'admettre que peu de gens, aujourd'hui, font la comparaison entre le fan et l'idole. A coups de "Je l'aime à mourir", "Je pense encore à toi", ou autres rengaines de midinettes (souvent magnifiques, au demeurant), Cabrel est devenu le chanteur français typique, sympathique, qui fleure bon la campagne et l'austérité : il est devenu transparent. Loin de Dylan, son ambivalence, ses revers, son instabilité permanente, et son magnétisme. Où trouver Dylan dans Cabrel ? Dans certaines séquences mélodiques, bien sûr. Dans une forme de simplicité dans les accords. Dans des choses purement musicales. Mais pour le reste, pour l'âme ou la posture, rideau.

Cabrel fait vibrer les quinquas en mal d'authenticité et de confiance en eux, ceux qui ont souffert du monde et aiment qu'on leur confirme, justement, que le monde est sacrément dur. Cabrel a toujours raison dans ces chansons, mais il ne résiste pas à la tentation d'enfoncer des portes ouvertes. De garder cette naïveté dans la poésie, ce regard d'un enfant, qui dirait : "Maman, pourquoi les hommes se battent ?" "Pourquoi on ne traite pas bien les étrangers, maman, ils sont pareils que nous, non ?" Cabrel dit ce que l'on sait déjà. L'injustice, les riches qui n'aident pas les pauvres, la vie qui est dure pour ceux qui dorment dehors. Le dénoncer est crucial, mais la façon est naïve, et limite la portée du discours. Cabrel est, à côté de ça, un parolier hors-pair et un mélodiste très capable. Mais il est, pour ma génération, le plus ennuyeux des chanteurs. Et c'est bien dommage.

Retour sur l'album. De bonnes chansons ("Les cardinaux en costume", "Mademoiselle l'Aventure"), des reprises assez réussies ("Né dans le Bayou", de J.J. Cale, et la reprise de Dylan), et une production toujours nickel, très léchée, qui laisse suffisamment de place à chaque instrument. Manque l'essentiel : rien qui ne bouge l'auditeur. Rien qui marque durablement. J'avais cette impression, en écoutant l'album, que Cabrel était juste en train de faire son job. Qu'il maîtrise, sans stress et en se faisant plaisir, à son petit rythme. Qui n'est peut-être plus le mien, tout simplement.

Par Lord Dey
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Mardi 18 mars 2008
undefined Deux petites secondes, pour signaler que l'album de Neon Neon, "Stainless Style", est en écoute intégrale sur leur myspace, dont je vous donne l'adresse un peu plus bas. Et, comme dire ? C'est une tuerie. Aaah, de la pop synthétiseur, un mélange des Pet Shop Boys et du son de la vague techno du milieu des années 90 (souvenez-vous de tous ces mauvais trucs, Haddaway, Culture Beat, etc). Au final, cet album est un vrai bonheur. De grande classe. Une chanson parmi d'autres : "I Told Her on Alderaan", tout simplement superbe.


http://myspace.com/neonx2
Par Lord Dey
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